l’ancrage du rhinocéros

socle du rhinocéros

On sait que le malheureux rhinocéros est mort au large de l’Italie, pendant le voyage qui devait le présenter au pape Léon X. L’aventure du rhinocéros annonce le ressort des  scénarii de tragédiens du XVII° siècle : “A aime B qui aime C”.

Remontons un peu le fil de l’histoire. Muzaffar Shah II, sultan de Cambay (Gujarat moderne) veut débarrasser son royaume des Portugais. Il offre un rhinocéros au gouverneur des Indes Portugaises, sorte de bombe à retardement de l’époque.

Alfonso de Albquerque souhaite de l’avancement et envoie l’animal au roi Manuel Ier. Le rhinocéros débarque au Portugal. La bombe n’a toujours pas explosé. Manuel Ier, vite lassé, refile le bébé au pape Léon X qu’il veut mettre dans sa poche. Afin d’appuyer la demande de lever l’impôt auprès du clergé portugais, le rhinocéros est envoyé à Rome. On attache le rhinocéros au mat du navire avec une chaine d’or. La tempête arrive, Le bateau coule, l’équipage se noie et le destin scelle notre pauvre rhinocéros au fond de la mer.

Constatant comme Stendhal que Rome n’est pas dans Rome, le rhinocéros a pu se consoler d’un vers de Corneille, publié 147 ans plus tard dans Sertorius “Rome n’est plus dans Rome, elle est toute où je suis.”

Aucune messe n’a été dite.

Le rhinocéros est posé sur le socle. Cette mobilité apparente cache une solide construction qui verrouille le rhinocéros au socle.

Les pieds qui maintiennent les silhouettes de verre de 19 mm sont équipés de pivots amovibles qui plongent dans la géométrie profonde du socle.

Chaque pivot traverse une plaque métallique qui se déplace horizontalement entre deux positions :

En position 1, une lumière assez large pour laisser passer le pivot

En position 2, une étroite rainure qui retient les pivots et le rhinocéros au socle.

A cette heure, le verrouillage se fait manuellement, à l’intérieur du socle. Des solutions alternatives pour modifier le mécanisme sont à l’étude.