Albert Dürer Et Ses Dessins, Charles Ephrussi

Ce volume réunit une série d’études publiées dans la Gazette des Beaux-Arts, de 1877 à 1880. L’auteur utilise notamment comme sources documentaires plusieurs grandes collections : celles du duc d’Aumale, de MM. Malcom et Mitchell, de M. Didot, de l’ancien cabinet de M. Hulot, de MM. Dumesnil et Jean Gigoux, du baron F. Schickler, du duc de Devonshire, de M. Holford et Mme Grahl.

“Si l’on en venait à nous reprocher ce souci d’oeuvres fugitives, cette prédilection pour quelques traits de plume ou quelques coups de crayon jetés à la hâte sur le papier, nous répondrions que les dessins d’un vrai maître donnent souvent sa réelle mesure, aussi bien et mieux que ses tableaux achevés. Souvent le charme intime et confidentiel du dessin pénètre l’amateur attentif d’une émotion non moins vive que l’éclat solennel de la peinture; on y sur prend la pensée de l’auteur dans toute sa fraîcheur, au moment même de l’éclosion, avec plus de vérité peut-être et de sincérité que dans les oeuvres de longue haleine rema niées avec la patiente défiance du génie. je n’entrepren drai point, dit Mariette, de montrer tous les avantages qu’on peut tirer des dessins et combien leur connaissance est propre et nécessaire pour former le goût. On ne pos séde vraiment un maître qu’à la condition de l’avoir étudié dans les premiers jets échappés à l’improvisation, dans ses esquisses même les plus rapides, dans ses croquis à peine indiqués, surtout quand on se trouve en présence d’un de ces anciens peintres qui dessinaient d’après nature et pei gnaient d’aprés leurs dessins …”
Charles Ephrussi